Quand la mort assistée devient une option, la recherche recule-t-elle ?
Le Canada a légalisé l’« aide médicale à mourir » (AMM) en 2016 ; en 2024, un décès sur vingt était une mort assistée. Cette analyse en série temporelle interrompue mesure, sur 21 années de données de subventions des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), la part du budget de recherche en santé consacrée à la sclérose latérale amyotrophique (SLA, ou maladie de Charcot) et à la maladie de Huntington — deux affections uniformément mortelles et sans traitement curatif.
Principaux résultats
- Après un plateau à 10,4 ‰ sur 2013-2018, la part combinée tombe à 8,2 ‰ sur 2022-2025, soit un recul de 21 % qui demeure après retrait des crédits d’urgence COVID-19.
- Renversement de trajectoire : une tendance haussière marquée (+0,44 ‰/an, p < 0,001) s’interrompt et s’inverse (changement de pente de −0,73 ‰/an, p < 0,001).
- Le déclin suit un gradient de gravité : il est le plus fort là où la mort est le plus rapidement certaine et le traitement le moins disponible.
- La datation précise de la rupture ne peut être dissociée de la pandémie ; l’étude le discute explicitement et détaille ses tests de sensibilité.
Référence
Allegret-Pilot, A. (2026). Legalization of Medical Assistance in Dying and Research Funding for Fatal Diseases: the Canadian Case. SSRN Working Paper, 7 juillet 2026. Document de travail en anglais (la version originale fait foi).
Traduction française intégrale consultable en ligne : « Légalisation de l’euthanasie et financement de la recherche sur les maladies neuro-dégénératives mortelles telles que la maladie de Charcot : le cas canadien ».



